Le temps ne se prête pas à travailler dehors. Cela ne nous arrange pas, cela va nous retarder. Alors, je bricole. J'ai remonté les batteries sur les tracteurs-tondeuses, j'ai fait quelques achats chez Gamm Vert et j'ai errer sur le terrain, profitant de cet tranquillité pour me griller quelques joints.
J'attends avec impatience mon MP3, qui doit arriver demain. Je n'arrive pas à m'habituer à travailler sans radio ou musique. Alors, j'ai investit. Je n'en avais pas, n'en ayant jamais réellement besoin. Avant, je passais de la voiture au camion et inversement. L'autoradio fonctionnait non-stop, même lorsque je faisais la sieste, les pieds sur le volant... Avant, quand j'avais des amis et une vie sociale. Avant, quand je faisais ce que j'aimais faire... Maintenant, je fais bonne figure. C'est de mon devoir de l'accepter, alors ce n'est pas utile d'y mettre de la mauvaise volonté. Je n'ai juste plus personne pour me sortir un peu du camping. Plus que mes parents, chez qui je travaille et je mange tous les midis, et ma femme que je retrouve chaque soir chez nous. Moi qui m'étais promis de ne jamais vivre comme ma mère, je suis mal barrée. Bon allez, je ne vais pas pleurer sur mon sort, après tout, je n'avais qu'à être plus courageuse et décider de vivre ma vie, et non pas celle que l'on m'a imposé. Je n'avais qu'à penser qu'à moi et m'assoir sur les valeurs sentimentales et familiales. Désormais, il faut que j'assume et que j'assure. Il me faut répondre présente aux attentes et donner satisfaction à chacun. Tout en essayer de ne pas trop me renfermer plus que je ne le suis déjà. Et que je tente de ne plus ressasser ce passé désormais révolu, cette vie passionnée qui m'a fait me sentir vivante et épanouie durant toutes ces années. On verra bien comment je résiste à cela à tout cela. Et surtout combien de temps ?